La clinique de la psychiatrie de l’enfance a repéré depuis longtemps que les enfants, intellectuellement précoce ou non, empruntent n’importe quel symptôme pour tenter de contrôler, d’exprimer ou d’évacuer leurs tensions psychiques ou corporelles endurées. C’est en cela qu’un symptôme positif ou négatif n’est aucunement caractéristique d’un trait de personnalité, d’un trouble ou d’une maladie spécifique mais doit être considéré comme un signal d’alarme signalant un trouble relationnel avec son entourage tant scolaire que familial.

 

Pour les enfants intellectuellement précoces tout comme pour les autres, sachons bien faire la différence entre divers tableaux cliniques en gardant en mémoire qu’un enfant intellectuellement précoce peut parfaitement cumuler plusieurs problèmes psychocomportementaux. L’aide éventuelle de tests de personnalité et une évaluation clinique par un spécialiste permettra le plus souvent de discerner les possibles diagnostics suivants :

 

  • l’enfant surdoué ou intellectuellement précoce

  • l’enfant hyperactif avec déficit d’attention (THADA) 

  • l’enfant simplement turbulent 

  • l’enfant rêveur 

  • l’enfant opposant 

  •  l’enfant tyran 

  • l’enfant capricieux 

  • l’enfant déprimé 

  • l’enfant anxieux (phobie, phobie sociale, TOC) 

 

Parfois il est difficile de faire la différence entre un enfant à QI élevé ou un enfant roi, assez turbulent, perçus comme très «éveillés». Voici sous forme de tableau quelques traits permettant de faire la distinction. C’est une situation assez fréquente qui prête énormément à confusion et qui nécessite des attitudes éducatives fort différentes.

 

Enfant roi

 

 

Enfant précoce

 

Opposant aux explications

 

Ecoute

 

Indifférent à l’autre

 

Hypersensible

 

Refus de la nouveauté

 

Curieux

 

Paresse intellectuelle

 

Approfondissement

 

Egoïste

 

Altruiste

 

Roublard

 

Obéissant

 

 

Qu’est-ce qu’un THADA? Le Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité est défini comme un regroupement de symptômes répartis selon 3 axes principaux que sont le déficit d’attention, l’hyperactivité et l’impulsivité.

 

Le déficit d’attention ou inattention: une incapacité à se concentrer sur une tâche plus de quelques minutes, une grande distractibilité. Une incapacité à maintenir un effort, un déficit de l’attention sélective, un déficit de l’attention soutenue.

 

L’hyperactivité : une agitation motrice non contrôlée et incessante.

 

L’impulsivité: l’impulsivité verbale et motrice. Le sujet ne tire pas d’enseignement de ses erreurs, agit avant même de penser, moins satisfait par les récompenses que les autres enfants, moins sensible aux conséquences de ses actes que les autres enfants, contrôle de soi inadéquat. Lorsqu’il y a problème, on ne peut absolument pas se fier au seul résultat d’un QI élevé. C’est principalement la clinique relationnelle qui nous renseigne souvent beaucoup mieux que n’importe quel test d’évaluation de performance, de comportement ou de personnalité. En ce qui concerne l’EIP l’agitation et les crises d’opposition plus ou moins bruyantes et précoces reflètent selon les cas : -soit une revendication d’autonomie prématurée ; - soit une réponse face aux agressions et moqueries dont ils font parfois l’objet ; - soit un besoin ou d’un manque plus ou moins motivé de stimulations ; - soit une anxiété ou une dépression sous-jacente ; - soit enfin des troubles des conduites liés à une mauvaise éducation précoce ayant vicié la capacité de l’enfant dans sa tolérance à la frustration.

 

 

Selon Olivier Revol, l’instabilité psychomotrice  est une plainte de plus en plus rencontrée en consultation dont l’hypermédiatisation induit souvent à réclamer des demandes de soins psychothérapiques ou de traitements médicamenteux non nécessaires. Bien souvent un simple entretien clinique reprenant l’histoire de l‘enfant et de sa famille en restituant la chronologie d’apparition de l’hyperactivité suffit pour évoquer la précocité intellectuelle.

 

Dans ces cas d’hyperactivité chez un enfant précoce, relativement calme à la maison, le rôle des éducateurs, des parents et des psychothérapeutes s’attachera à essayer de comprendre le ou les niveaux de dysfonctionnement en instaurant un dialogue et un accompagnement afin que l’enfant puisse s’inscrire le plus harmonieusement possible dans les divers contextes rencontrés que sont la famille, l’école ou la vie en société. De la difficulté à cerner et à traiter toutes les dimensions des liens complexes régissant la dynamique de l’enfant et de ses parents, il est souvent utile d’envisager une psychothérapie bi focale, l’une pour l’enfant, l’autre pour la guidance des parents afin de les aider à changer leur regard et leurs attitudes face aux difficultés rencontrées. Toutes les psychothérapies auraient au final pour objectif de faire comprendre comment chacun fonctionne et inciterait chacun à faire face à la réalité tout en révélant les décalages entre fantasmes, désir et mise en œuvre. Une psychothérapie efficace se doit de déboucher sur des mesures auto éducatives ou éducatives et non de se contenter d’accompagner la souffrance de chacun en allant se faire consoler régulièrement «au bureau des plaintes».

 

S’il ne faut pas céder à la facilité d’une prescription médicamenteuse psychotrope, elle est parfois utile, devant l’importance de certains troubles tels que dépression, TOC, anxiété, phobie, insomnie, de l’envisager sur une courte durée, quelques semaines ou quelques mois. Cette prescription doit se faire avec l’assentiment de l’enfant et des parents en leur expliquant que ce n’est pas la solution miracle aux problèmes rencontrés mais seulement une aide permettant de diminuer l’importance de certains symptômes et que, de ce fait, il sera plus facile de casser certains cercles vicieux qui fixent ces mêmes symptômes dans lesquels l’enfant le plus souvent se complait ou se débat impuissant.

 

 

 

 

 

 

 

 

12- L'hyperactivité: enfant Roi-enfant précoce