La présence d’un enfant intellectuellement précoce dans une famille peut selon les cas passer inaperçue, être masquée par des contre-performances scolaires ou générer des troubles relationnels entre frères et sœurs du fait de jalousies et de rivalités toutes naturelles. On observe ainsi de nombreux cas de figures dont la complexité est à mettre sur le compte des interactions des différents mécanismes de défense qu’utilise chacun des membres d’une fratrie pour s’attirer les faveurs, l’attention et l’affection de ses parents. Les familles qui comptent un enfant ou plusieurs enfants précoces ne sont ni plus ni moins différentes que les autres familles. Elles ont simplement la particularité comme celles qui ont un enfant à problèmes ou porteur d’un handicaps physique ou psychique de focaliser une grande attention et déployer une grande énergie qui peut se faire au détriment des autres enfants.

 

 

Il faut garder en mémoire que le risque pour les membres d’une fratrie d’être précoce quand un des enfants est précoce, est statistiquement élevé. Comme il existe des familles d’anxieux ou présentant des troubles obsessionnels-compulsifs, il existe des lignées de précoces mais également des cas isolés. Cette notion doit être divulguée aux familles pour les inviter à faire tester leurs autres enfants notamment devant la présence des difficultés scolaires, affectives ou comportementales. Cette recherche n’est bien sûr pas obligatoire mais il serait dommage de passer à côté d’un enfant qui briderait par exemple son surdon par souci de ne pas causer plus de tracas à ces parents dépassés par la gestion difficile d’un frère ou sœur précoce.

 

Rivalités, taquineries, quémandes affectives et d’avantages sont autant dans une fratrie de comportements perturbateurs et naturels de la tranquillité des familles. Mais la présence d’un ou plusieurs précoces arrive souvent à démultiplier les problèmes tant leur sensibilité et leur intelligence arrivent à mettre à mal les attitudes éducatives habituellement efficace. C’est pourquoi il est indispensable pour les parents de s’attacher à s’occuper individuellement de chaque enfant même de manière espacée mais régulière afin de participer à l’élaboration d’une bonne estime de soi tout en inculquant des règles de vie en commun respectueuses.

 

 

Il n’est pas rare non plus de voir un enfant précoce en avance scolaire sur un frère ou sœur plus âgé source d’angoisse et de dépression. Un suivi psychologique pour l’enfant dépassé et une inscription dans un établissement scolaire différent permettront le plus souvent d’atténuer sentiment d’incompétence et de rivalité chacun poursuivant son propre développement. Des parents calmes, ouverts et fermes sont à mêmes d’offrir un cadre rassurant pour tous leurs enfants précoces ou non. En cas de difficulté, il ne faudra pas hésiter à consulter un spécialiste afin d’analyser les interactions familiales pernicieuses pour tester d’autres manières de faire plus adaptées afin de mettre un peu plus d’harmonie dans l’enfer habituel de la vie de famille qui n’est jamais un long fleuve tranquille contrairement à ce que voudrait nous faire croire « l’ami Ricoré » ou les héros de la série « La petite maison dans la prairie ».

 

 

 

13- L’enfant précoce et sa fratrie