Dans l’affaire Outreau, on peut comprendre les nombreuses et déplorables anomalies de l’enquête et de l’instruction, sans pour autant les accepter, en les mettant sur le compte du manque certain d’expérience et d’encadrement d’un jeune juge borné, berné ou aveuglé par des faux témoignages et un faisceau de circonstances et d’indices trop évocateurs. C’est ce qu’on appelle une erreur judicaire qui fait partie malheureusement des risques du métier. Cependant on ne comprend pas pourquoi le juge Fabrice Burgaud , avec son air pseudo hébété devant la commission d’enquête parlementaire et sept des treize acquittés, s’entête à ne pas vouloir présenter ses excuses et faire un mea culpa salvateur. Cette attitude est manifestement à l’encontre de toute la psychologie enseignée par les spécialistes de la victimologie. A le voir ânonner et s’embrouiller dans ses déclarations sur un ton monocorde et mécanique, on pourrait le croire inhumain, paranoïaque, pervers, autiste, calculateur voire un tantinet crétin.

 

Pour moi, il n’en est rien. En vérité ce comportement aberrant ne peut logiquement s’expliquer que par la pression d’un ordre donné en haut lieu qui lui aurait intimé de ne pas présenter d’excuses publiques afin de préserver la grandeur symbolique d’une justice immanente qui doit maintenir sa loi d’airain pour endiguer d’éventuelles tentations révolutionnaires ou anarchistes d’une société en pleine déconfiture.

5 - Mais pourquoi le juge Burgaud ne s’excuse-t-il pas de sa bavure?